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  Philippe Ducros
   
 


En quelques mots, outre l’emplacement extraordinaire, le manoir magique et le visa privilégié donnant accès au royaume des rorquals, les rencontres tant humaines qu’artistiques que j’ai fait ici à Tadoussac, font de ce séjour, une bulle de bonheur à l’abri de la folie, des fusillades et des accords trompés. Ce lieu est d’une grande beauté, d’une grande poésie et je tiens à remercier de tout cœur la famille Glassco de leur accueil.

Il est précieux de pouvoir échanger avec des artistes accomplis. Cet Éden est propice aux réflexions. Sur les enjeux de notre travail mais aussi de notre milieu. Ces échanges entre les communautés ne peuvent qu’être encouragé, et l’ambiance totalement décontracté a su rendre profonde et précieuse chaque prise de parole, chaque réflexion. Nous avons pris le temps de plonger dans nos réalités si particulières, que ce soit celle de Shahin à Halifax et sa particularité d’artiste Iranien, que ce soit les portraits des grands centres, Toronto, Montréal, du théâtre ontarien en régions, le survol était riche et les liens multiples et révélateurs.

La traduction pose des défis philosophiques et éthiques. La promiscuité d’artistes d’expériences engagés dans cette démarche permet d’éclaircir les subtilités de ces défis, et d’apporter ainsi une plus grande honnêteté au travail. N’ayant que peu d’expérience, j’ai bu avec avidité chaque échange et chaque discussion. La sagesse de Linda, l’expérience des autres traductrices auront, je l’espère un peu déteint sur mon travail de traducteur.

Dans le meilleur des mondes, j’aurais aimé avoir déjà couché sur papier un premier jet de la pièce de Greg. Son style très incisif, très descriptif et narratif cache des enjeux que je n’avais pas aperçus à la première approche de ce travail. J’aurais aimé pouvoir échanger plus profondément avec Linda et faire avec elle un travail plus constant, plus suivie. Mais tel est la vie, il m’était impossible d’arriver sur les lieux avec une version plus avancée. Et malgré tout, le temps passé avec Linda fut extrêmement riche. Elle fut d’une immense aide, sa compétence étant fulgurante, sa perspicacité, sa générosité et son habileté évidente à transmettre ses connaissances font d’elle une personne-ressource hautement enrichissante. Parallèlement, l’isolement si doux de cette retraite m’a permis d’accomplir un travail immense en un très court laps de temps. Treaty

Bref, ce privilège de ce séjour restera gravé en moi à tous les niveaux. J’en ressors plus instruit sur l’ensemble de la pratique théâtrale à l’extérieur du Québec, et plus outillé en tant que traducteur mais aussi en tant qu’auteur. Je ne saurai jamais assez vous exprimer ma reconnaissance.

In a few words, in addition to the extraordinary setting, the magic country house and the privileged visa to visit the kingdom of razorback whales, the personal and artistic encounters that I had here in Tadoussac, made this stay a bubble of happiness sheltered from the world of madness, shootings and broken treaties. This is a place of great beauty, of great poetry and I would like to thank the Glassco family with all my heart for their hospitality.

It is invaluable to be able to exchange with accomplished artists. This Eden lends itself to reflection. Not only on the challenges of our work but also on our milieu. Such exchanges between communities cannot be encouraged enough, and the totally relaxed atmosphere lent itself to a deep and precious dialogue and sharing of ideas. We took the time to delve into our individual realities – be it that of Shahin in Halifax and his identity as an Iranian artist, the viewpoints of the major centres like Toronto, Montreal and the regional theatre scene in Ontario –the overview was rich and the connections many and revealing.

Translation poses philosophical and ethical challenges. Intimate contact with these experienced artists committed to this profession cast light on its subtleties and challenges, and brought greater honesty to the work. Being relatively inexperienced, I avidly drank in each exchange and each discussion. The wisdom of Linda, the experience of the other translators, will, I hope, have an influence on my work as a translator.

In the best of worlds, I would have loved to already have had a first draft of Greg’s play down on paper. His very incisive style, descriptive and narrative, hides challenges that I did not notice when first approaching his work. I would have liked to have had a deeper exchange with Linda and do more in depth work, more follow up. But that’s life, it was impossible for me to arrive at the residency with a more advanced version. The time spent with Linda was nevertheless extremely rich. She was an immense help, her competence was amazing, her clear-sightedness, her generosity and her obvious skills in communicating her knowledge make her an invaluable resource person. And the quiet isolation of this retreat allowed me to accomplish an immense amount of work in a short period of time.

In short, the privilege of attending this residency will stay engraved in me on all levels. I came out better informed on theatre activities outside Quebec, and better equipped as a translator and also as a writer. I will never be able to express my gratitude enough.

Philippe Ducros
Playwright, Conte de la Lune
Tadoussac Playwrights' Residence 2006



 

 

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