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En quelques mots, outre l’emplacement extraordinaire, le manoir
magique et le visa privilégié donnant accès
au royaume des rorquals, les rencontres tant humaines qu’artistiques
que j’ai fait ici à Tadoussac, font de ce séjour,
une bulle de bonheur à l’abri de la folie, des fusillades
et des accords trompés. Ce lieu est d’une grande beauté,
d’une grande poésie et je tiens à remercier
de tout cœur la famille Glassco de leur accueil.
Il est précieux de pouvoir échanger
avec des artistes accomplis. Cet Éden est propice aux réflexions.
Sur les enjeux de notre travail mais aussi de notre milieu. Ces
échanges entre les communautés ne peuvent qu’être
encouragé, et l’ambiance totalement décontracté
a su rendre profonde et précieuse chaque prise de parole,
chaque réflexion. Nous avons pris le temps de plonger dans
nos réalités si particulières, que ce soit
celle de Shahin à Halifax et sa particularité d’artiste
Iranien, que ce soit les portraits des grands centres, Toronto,
Montréal, du théâtre ontarien en régions,
le survol était riche et les liens multiples et révélateurs.
La traduction pose des défis philosophiques
et éthiques. La promiscuité d’artistes d’expériences
engagés dans cette démarche permet d’éclaircir
les subtilités de ces défis, et d’apporter ainsi
une plus grande honnêteté au travail. N’ayant
que peu d’expérience, j’ai bu avec avidité
chaque échange et chaque discussion. La sagesse de Linda,
l’expérience des autres traductrices auront, je l’espère
un peu déteint sur mon travail de traducteur.
Dans le meilleur des mondes, j’aurais aimé
avoir déjà couché sur papier un premier jet
de la pièce de Greg. Son style très incisif, très
descriptif et narratif cache des enjeux que je n’avais pas
aperçus à la première approche de ce travail.
J’aurais aimé pouvoir échanger plus profondément
avec Linda et faire avec elle un travail plus constant, plus suivie.
Mais tel est la vie, il m’était impossible d’arriver
sur les lieux avec une version plus avancée. Et malgré
tout, le temps passé avec Linda fut extrêmement riche.
Elle fut d’une immense aide, sa compétence étant
fulgurante, sa perspicacité, sa générosité
et son habileté évidente à transmettre ses
connaissances font d’elle une personne-ressource hautement
enrichissante. Parallèlement, l’isolement si doux de
cette retraite m’a permis d’accomplir un travail immense
en un très court laps de temps. Treaty
Bref, ce privilège de ce séjour restera
gravé en moi à tous les niveaux. J’en ressors
plus instruit sur l’ensemble de la pratique théâtrale
à l’extérieur du Québec, et plus outillé
en tant que traducteur mais aussi en tant qu’auteur. Je ne
saurai jamais assez vous exprimer ma reconnaissance.
In a few words, in addition to the extraordinary
setting, the magic country house and the privileged visa to visit
the kingdom of razorback whales, the personal and artistic encounters
that I had here in Tadoussac, made this stay a bubble of happiness
sheltered from the world of madness, shootings and broken treaties.
This is a place of great beauty, of great poetry and I would like
to thank the Glassco family with all my heart for their hospitality.
It is invaluable to be able to exchange with accomplished artists.
This Eden lends itself to reflection. Not only on the challenges
of our work but also on our milieu. Such exchanges between communities
cannot be encouraged enough, and the totally relaxed atmosphere
lent itself to a deep and precious dialogue and sharing of ideas.
We took the time to delve into our individual realities –
be it that of Shahin in Halifax and his identity as an Iranian artist,
the viewpoints of the major centres like Toronto, Montreal and the
regional theatre scene in Ontario –the overview was rich and
the connections many and revealing.
Translation poses philosophical and ethical challenges.
Intimate contact with these experienced artists committed to this
profession cast light on its subtleties and challenges, and brought
greater honesty to the work. Being relatively inexperienced, I avidly
drank in each exchange and each discussion. The wisdom of Linda,
the experience of the other translators, will, I hope, have an influence
on my work as a translator.
In the best of worlds, I would have loved to already
have had a first draft of Greg’s play down on paper. His very
incisive style, descriptive and narrative, hides challenges that
I did not notice when first approaching his work. I would have liked
to have had a deeper exchange with Linda and do more in depth work,
more follow up. But that’s life, it was impossible for me
to arrive at the residency with a more advanced version. The time
spent with Linda was nevertheless extremely rich. She was an immense
help, her competence was amazing, her clear-sightedness, her generosity
and her obvious skills in communicating her knowledge make her an
invaluable resource person. And the quiet isolation of this retreat
allowed me to accomplish an immense amount of work in a short period
of time.
In short, the privilege of attending this residency
will stay engraved in me on all levels. I came out better informed
on theatre activities outside Quebec, and better equipped as a translator
and also as a writer. I will never be able to express my gratitude
enough.
Philippe Ducros
Playwright, Conte de la Lune
Tadoussac Playwrights' Residence 2006
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